04 août 2006
L'été 1992, c'est les vacances.
Dès l'été 1992, c'est déjà les vacances. Bien sûr, il reste des améliorations à apporter. Mais cela se fera à chaque voyage. Le chauffage, le crépi, le barbecue, la peinture, les rangements, le verger, les parterres verront petit à petit le jour. Mon épouse prend une part importante au travail. mais ce n'est pas le camp de concentration, nous visitons, nous faisons connaissance, nous apprécions notre nouveau coin de paradis. Le terme n'est pas exagéré, le climat, la verdure, le calme, l'accueil sont des atouts irremplaçables.
Les transformations.
La semaine de Pâques est une bonne période pour travailler. Quatre jours de congé pour huit jours de travail. nous occupons les gîtes voisins. A quatre, nous allons déblaier les gravats, installer un plancher, l'électricité, un escalier, une porte, une salle de bain, une cuisine, les raccordements, une terrasse et aménager le mobilier. Nous travaillons de huit à vingt heures pendant huit jours. Les femmes font les courses, la cuisine et s'occupe des enfants. C'est une grande satisfaction, à la fin de la semaine, la maison est habitable, tout fonctionnent. Merci les amis.
Les pré-transformations.
En novembre, c'est la passassions des actes. Le passage au notaire et un repas d'amitié avec la vendresse et l'affaire est réglée. Nous profitons de ces quelques jours pour mesurer, prévoir, envisager, dessiner. Des plans sont élaborés, des prévisions en matériaux, outillages, mobiliers sont écrites. Fort de ces recherches, nous rentrons chez nous et le rassemblement des besoins commencent. Achats, récupérations et dons s'accumulent. "La bande" dit un de mes amis se rassemble et il est prévu de transporter le matériel un week-end de mars et de procéder aux transformations à Pâques. On nous prête un camion, on le remplit et nous voilà parti un vendredi pour une nuit de transport. Le lendemain, c'est l'effervescence au hameau, la rue est cinq centimètres plus large que le camion. Précautions, tâtonnements et manoeuvres aménent le véhicule sur place. Le déchargement est rapide et nous partons en voiture, alors, prendre le repas du soir dans un restaurant que nous avons découvert dans les dix kilomètres. La rete de la nuit se passe dans les lits, sacs de couchage et banquettes et tout le petit monde repart pour une journée de retour. C'est 2400 km sur le week-end et une nuit "très joyeuse" qui couronnent le voyage.
On nous propose une maison.
Au dessus du village, un petit bâtiment attire notre attention. Il a un toit "en ordre", les fenêtre et porte sont en état. Un perron et un verger complétent la propriété. "Monsieur le Maire" nous dit que cette petite maison est la propriété de la dame qui loue le gîte de devant. Elle est veuve et son mari voulait également la restaurer. Elle serait peut-être à vendre. Nous pourrions être interressé, mais pas de clé pour visiter l'intérieur. Pas de problème, "Monsieur le Maire" nous charge dans sa voiture et nous allons à la ville pour rencontrer la propriétaire. Muni de la clé et d'une estimation financière, nous redescendons pour la visite. Celle-ci fut vite faite, une pièce au rez, une pièce à l'étage, sans escalier et une cave. Mais le premier contact est chouette, la maison est saine, elle domine le hameau, elle dispose d'un verger avec des fruitiers. Un arbre à kiwis ombrage ce qui peut devenir une terrasse. Des murs épais, rassurants et un toit de lauses, la tuiles du pays. Un rapide coup d'oeil, l'imagination des transformations nécessaires et quelques mots entre nous suffisent pour nous décider de tenter l'achat. Nous remontons à la ville pour rendre la clé et négocier l'achat. Top là, c'est fait et le rendez-vous est pris pour la signature des actes. Ce sera en novembre 1991, nous disposerons également de la maison de devant pour nous loger pendant les transformations.
Le lendemain.
Sept heures, sept heures trente, huit heures, nous ne savons plus. Le chant des oiseaux et l'idée d'un morceau de baguette nous réveillent. On s'ébroue hors de la caravane, un passage aux sanitaires et on dévore le reste de nos provisions. Et on se demande où trouver du pain. A pied, nous quittons le camping et nous gravissons une petite route pentue. Très vite, elle débouche entre quelques bâtiments, des maisons aveyronaises aux toits de lauses, ces pierre plates qui couvrent les toitures. Deux petites rues, des portails en vieux châtaignier, des murs en pierres mal rejointoyées. Pas de commerces, une ferme et des maisons d'habitations. Nous apprenons que la plupart des maisons sont inocupées. Soit elles sont hors d'état de l'être ou elles sont réservées à des touristes. En discutant avec le propriétaire du camping, nous apprenons qu'il y a une ferme et ses dépendances, six gîtes, deux maisons occupées à l'année et deux maisons appartenant à des gens de l'Héraut qui montent à la montagne assez souvent. De détails en détails, nous apercevons gens et nous les visualisons. La fermière, une veuve née dans ce hameau et son aidant, un célibataire arrivé au décès du fermier s'occupe d'une petite exploitation. Une trentaine de brebis, une basse cour composée de poules, canards, pigeons et oies forment la population de la ferme. Un couple de retraités arrivés d'une grande ville pour jouir d'une paix bien méritée ont aménagé une maison et ses dépendances. Un ancien agriculteur, né dans le hameau s'est transformé en ouvrier d'entretien tout en continuant un petit élevage de brebis "pour entretenir les terrains". Une autre dame, également veuve, habite l'Héraut et monte dans son anciéne demeure à chaque occasion de vacances. Ses fils et petits enfants profitent également d'un gîte. Notre premier humain aperçu dans ce hameau est volubile quand il parle de son village. Avant il y avait plus ou moins une cinquantaine d'habitants et chacun vivait de l'agriculture. Ayant appris qu'il est conseiller municipal dans la grande commune, environ deux cents habitants, nous l'appelons "Monsieur le Maire du hameau". Son ancienne maison familiale est partagée en deux gîtes et une grange aménagée en fait un troisième. Une autre ancienne habitante du village partie vers une petite ville très proche dispose également d'une maison de vacance, elle la loue l'été.
Notre connaissance avec ce hameau.
Le 20 juillet 1991, mon épouse et moi nous sommes rendus dans l'Aveyron, à la suite de la lecture d'une publicité. Nous étions à la recherche d'une petite maison de loisirs. La publicité était vague et, arrivés sur place, la demeure proposée ne correspondait pas à nos souhaits. Il était 21 heures, le jour s'achevait et nous devions nous loger pour la nuit. La région est très peu habitée, les hôtels ou autres possibilités de logement sont rares. Deux kilomètres avant notre première destination, nous avions aperçu un petit panneau indiquant "camping à la ferme". La décision de se rendre vers ce lieu fut rapidement prise. Une petite prairie, l'herbe rase, un petit sanitaire et une caravane pour nous accueillir. Un homme, marquant bien la cinquantaine, dévala la route, au départ de sa maison. C'était le propriétaire du camping, après une courte présentation, il nous propose la location de la caravane pour deux nuits à un prix défiant toute concurrence. Nous ne sommes pas des campeurs, mais la solution nous agrée. Un petit repas, avec nos victuailles emportées, une petite toilette et un repos bien mérité après un trajet de 1200 km. C'est ainsi que nous avons découvert, et encore à distance, ce petit hameau.
